BESIDE – the road #2 : La Gaspésie

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830e km


Après une nuit à se faire brasser par le vent dans le camping-car, on est prêt à reprendre la route vers les « rocheuses de l’Est ». Au passage, près des berges fluviales de Sainte-Anne-Des-Monts, se dessinent quelques vagues potentiellement surfables. JC Lemay, rencontré hier à Sainte-Flavie (Journey #1), serait fort probablement sorti à l’eau ce matin !


Jour 3 : en montagne avec Christine Bérubé-Martin

À l’entrée de la réserve faunique des Chics-Chocs, le paysage change complètement et on découvre le panache des Appalaches. Christine disait vrai, il y a assez de neige pour rider  les Mines Madeleine. Ces dernières sont reconnues pour être un véritable «trou à neige» dont les dénivelés varient de 150 m à 500m sur du 35 ° à 55 ° d’inclinaison.

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11h, on gagne le pied de la montagne où Christine nous attend le sourire aux lèvres, avec sa chienne Laska, une Husky aux yeux couleur glacier. Pour l’occasion, on emprunte un chemin carrossable, même s’il n’est plus entretenu depuis la fermeture de la mine. Raymonde, alias notre VR, n’aurait jamais pu encaisser cette route. On s’est donc tous comprimé dans la voiture de Christine; une bonne manière de tisser des liens rapidement. En montant, on rencontre quelques-uns de ses amis qui arrivent tout juste de surfer Forillon. Ce n’est pas tous les jours qu’on voit un surf et un splitboard sur le même toit.

Christine installe ses peaux de phoque sur son split. Aujourd’hui, ce n’est qu’un échauffement présaison, mais surtout une bonne occasion de prendre l’air dans ce qu’elle appelle, sa cour arrière. On démarre l’interview en suivant son pouls. À peine essoufflée, nous oui, elle raconte aisément son parcours, avec son charmant petit accent gaspésien. Micmac d’origine, du côté de sa mère, elle apprivoise au jour le jour, sa propre culture autochtone ayant quitté la réserve vers l’âge de 6 ans.

Longtemps je me suis demandée qui j’étais réellement. À la fois autochtone et québécoise, il était parfois difficile pour moi de me situer étant plus jeune. La pratique de sports en plein air m’a certainement beaucoup aidée à me sentir à ma place et à m’aimer telle que je suis; une Pocahontas des temps modernes. – Christine

Laska nous suit de près, écoutant le discours de sa maîtresse avec un regard admiratif, surement le même que nous. Christine est remplie d’énergie positive et la dépense merveilleusement bien. Son mode de vie très actif, de même que sa quête vers ses racines nous interpellent tous d’une manière ou d’une autre. À chacun, son retour à la source.

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Avant d’entamer sa descente, Christine, nous demande :

— Quelle est votre prochaine destination ?
— Cascapédia Saint-Jules, on rencontre J-P. Tessier, le guide de pêche.
— Bin non, pas pour vrai ?! Je le connais, mon bon ami Nic Samson est avec lui en ce moment, ils reviennent du bois ! 

Ici, malgré la vaste étendue de forêts, rivières ou montagnes qui les sépare, tout le monde connait quelqu’un qui connait quelqu’un. Ceux qui partagent cet accès privilégié à la nature, peu importe les sports ou activités pratiqués, finissent par se retrouver.

Avant de reprendre la route vers Cascapédia-St-Jules, Julien et J-D. décident de prendre quelques derniers plans aériens des flancs de montagne, à l’aide du drone. Quelques minutes plus tard, ils reviennent mines basses, nous annonçant la fin du règne de Phantom 2. Rappelons que nous en étions qu’à notre 3e journée !

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À la rencontre de Jean-Philippe Tessier et Nicolas Samson

Cascapédia-St-Jules, 17h, il fait déjà noir, mais on peut apercevoir la silhouette des deux hommes en train de jaser dans la cour arrière, entre deux canots. On fait donc connaissance dans la pénombre. La force de leurs poignées de main de même que leurs rires contagieux nous laissent déjà une bonne idée de leur prestance.

Invité à prendre un verre à la maison, J-P nous présente son fils Léo (3 ans), sa fille Lily (6 ans) et sa femme, Chiyuki, une Japonaise, anciennement pro snowboardeuse qu’il a rencontré au B-C. Ils sont mariés depuis plus de 14 ans. Ensemble, ils ont habité la campagne du Japon pendant plus de 6 ans et sont de retour ici, notamment, car J-P avait un rêve, qu’il réalise maintenant tous les jours : être guide de pêche sur la rivière Bonaventure.

Ma relation aux rivières se compare à celle avec les femmes. Au début, tu veux toutes les rencontrer, les séduire, mais le jour où tu rencontres la bonne, tu n’as d’yeux que pour elle. – JP Tessier.

J-P a le profond désir d’offrir à ses enfants une proximité à la nature et des aliments locaux de qualité. La pratique de la chasse et de la pêche lui permet de consolider cette philosophie. À ce sujet, il nous invite à sortir au garage pour nous montrer sa dernière prise : un chevreuil qu’il a pris soin de dépecer lui-même. Pour l’occasion, nous avons droit à un heureux mélange de saveurs à l’image de la famille Tessier : un sashimi de chevreuil et sa sauce japonaise. Avec un tel respect pour la bête et une qualité indéniable pour la viande, même Élise, végétarienne, n’a pas pu résister !

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Jour 4 : seuls sur la rivière Bonaventure avec J-P et Nicolas

6h am, on se dégourdit juste à temps pour le lever du soleil. Lily, timidement, se joint à nous, curieuse de voir comment nous cohabitons dans le VR. Julien capture quelques vibrants nuages roses avec sa caméra. Nicolas et J-P préparent les canots et les bouées. Un matin dynamique comme on les aime. Direction : la rivière Bonaventure.

À l’arrivée, les deux hommes s’empressent de dénouer les canots de leurs trailers, pour les libérer dans la rivière. Ils sont définitivement autant appréciatifs que nous, qui la voyons pour la première fois. L’eau est si limpide, que J-P nous invite à la boire. Paraîtrait-il qu’elle a un léger goût d’érable.

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Au premier contact de glisse avec l’eau, un sentiment de zénitude s’empare de nous. Le « canot à pôle » est une première pour bien d’entre nous. Voir deux pièces d’hommes naviguer debout, le devant d’un canot, mais à l’arrière, à l’aide d’un pôle (sans rame) pour se diriger en s’appuyant sur les roches, ce n’est pas peu dire !

On fait donc l’entrevue sur l’eau. J-P, debout en parfait équilibre, malgré les rapides, nous explique d’où vient son amour pour la rivière, de même que les conditions propices pour la pêche et bien d’autres péripéties rocambolesques.

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Les heures passent doucement et agréablement sur la rivière, tellement qu’on oublie de manger et boire. On s’arrête sur une presqu’île pour faire un feu, du café et quelques sandwichs, tout en philosophant autour de modes de vie plus connectés à la nature. Nicolas, vétéran de l’armé, nous explique sa transition importante entre sa vie d’hier à aujourd’hui. Certainement, les deux hommes en ont beaucoup à nous apprendre dans cette quête de liberté et d’autosuffisance qu’ils tentent eux-mêmes de peaufiner.

Au retour, nous avons droit à des sushis préparés minutieusement par Chiyuki, surement le seul endroit en Gaspésie où l’on peut en manger en version originale. Quel festin ! Dire qu’il faut reprendre la route ce soir ne nous plait pas, mais il le faut, la Nouvelle-Écosse nous attend.


Ce n’est que le début et nous avons l’impression qu’en 4 jours nous en avons vécu 30. Les liens se tissent à une vitesse incroyable, comme si le fait de se retrouver en nature, avec des gens qui l’apprécient autant, ne fait qu’augmenter le lien qui nous unit déjà. On repart avec l’impression d’avoir rencontré d’importantes influences sur notre passage.

Domo arigato gozaimasu ! (Merci en japonais)

Écrit par : Catherine Bernier
Crédits photo : Catherine Bernier, Eliane Cadieux
À bord: Jean-Daniel Petit (fondateur), Eliane Cadieux (directrice artistique, designer graphique), Julien Robert (réalisateur), Catherine Bernier (rédactrice, photographe) et Elise Legault (productrice).
#Lanaturerécompenselesbraves

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BESIDE – the road #2 : Gaspésie

830th kilometer


After being rocked to sleep one last night by the winds of Sainte-Flavie, we hit the road towards the “Rockies of the East”. Driving along the 132, which borders the river, we notice that the waves would have been good to surf today. We smirk, JC Lemay whom we met the day before (Journey #1), would have been keen on getting in the water this morning.


Day 3: In the mountains with Christine Bérubé-Martin

There is no doubt we’ve entered the Réserve faunique des Chics-Chocs when we encounter the Appalachians’ imposing landscape. Not only are the mountains breathtaking, but we are greeted with an unexpected feet of snow! Christine wasn’t lying when she told us we’d be able to ride the Madeleine mines. With a drop that varies between 150m and 500m, and a 35° to 55° incline, the mines are a sure bet when it comes to skiing & snowboarding.

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11AM – We meet Christine, who is all smiles, and her dog Laska, a Husky with icy blue eyes, at the base of the mountain. The mines have been closed for a while and with the recent snowfall, the road isn’t suitable for our charming Raymonde. We decide to leave the RV behind and squeeze into Christine’s car, a great way to break the ice. On our way up, we cross paths with a few of her friends who just surfed in Forillon. You have to love Gaspésie for that reason, it’s a place where you can have your surfboard and your splitboard on the roof of your car and use both in the same day.

Christine puts her skins onto her splitboard. We can tell that she doesn’t really need an excuse to go play outside, but today will serve as a warm up for the upcoming season which is just around the corner. She sets the tempo as we take off. It isn’t long before we’re out of breath, even if we’re not the ones doing the talking!  As she glides on the snow, Christine tells us a little about her life story in her charming Gaspesian accent. She’s half Micmac, on her mother’s side. Having left the reserve when she was 6, she’s been reconnecting with that part of her heritage in the past years.

I’ve thought a lot about who I am. Being both Native and Quebecoise, it hasn’t been easy to define myself. Practicing outdoor sports has definitely played a part in feeling good in my own skin; I’m a modern-day Pocahontas. —Christine

Laska trails, never too far from her owner. You can sense the dog’s admiration and after spending a bit of time with Christine, it’s easy to understand why. She’s full of positive energy and she channels it in just the right way. Her active lifestyle and her quest to reconnect with her roots really speak to each one of us in different ways. Nature is a thing of mind and body.

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Once we reach a high enough point, Christine assembles her splitboard. Before taking off, she asks:

— What’s your next destination?
— Cascapédia Saint-Jules, we’re meeting J-P Tessier, a fishing guide.
— Ha! No way! I know him. My good friend Nick Samson is with him right now, they just came back from the woods.

Although Gaspésie is a vast territory amidst its forests, rivers and mountains, everyone seems connected. Those who share the privilege of calling this place their backyard undeniably end up meeting.

As we load our camper and prepare to take off, Julien & JD decide to capture a few aerial shots of the region with our drone. They come back a few minutes later, and we know by their pouty faces that something is up. Turns out the drone has given its final breath. RIP Phantom 2. Mind you, this was only our third day!

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Meeting J-P Tessier and Nicolas Samson

Cascapédia-St-Jules, 5 PM—It’s already pitch black. We make out two silhouettes in the backyard between a couple of canoes. We find our way to them and introduce ourselves. We can’t quite see their faces, but we can tell by their firm handshakes and infectious laugh that we’ll be in good hands.

J-P invites us inside for a drink where we meet his son Leo (3), his daughter Lily (6) and his wife Chiyuki, a Japanese ex-pro-snowboarder he met in BC. They’ve been married for 14 years and lived in rural Japan for 6 of them. They are now settled in Quebec where J-P can support his family with his dream job; he is a fishing guide on the Bonaventure River.

My connection to this river is similar to my relationship with women. You start by wanting to know them all, but once you meet the right one, you only have eyes for her. —J-P

J-P is a fisher and a hunter. He practises both sports with an utmost respect for nature. To him, it’s a means to get food on the table for his kids because they deserve nothing but the freshest produce. Proof of that can be found right outside, in his garage, where he shows us a deer he recently skinned. He treats us to a snack, Tessier family style: deer sashimi with traditional Japanese sauce. Even Elise, the vegetarian, doesn’t resist the offer.

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Day 4: On the Bonaventure River

6 AM— We wake just in time for sunrise. Lily, curious to see our living quarters, timidly tours the RV. Julien has already whipped out his camera to capture the vibrant pink sky. Nicolas and J-P are getting the canoes ready. An early morning just the way we like them.

Once at the Bonaventure River, the two men set the boats out onto the crisp water. As visitors, we’re laying our eyes on it for the first time, but everyone’s amazement is palpable. For J-P and Nicolas, this place clearly never gets old. The water is limpid, J-P invites us to have a swig. We should be able to detect a light maple flavour, so he says.

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As soon as we push off shore, we’re overtaken by the river’s zen vibe. We’re silent as we observe Nick & J-P navigate, standing upright at the very end of their canoes, a huge pole in hand to push us along the calm waters.

Once we’ve gotten (somewhat) over our initial emotions, we ask J-P a few questions. We want to know more about his love for this river and all the adventures that have taken place in this very spot.

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It’s easy to lose track of time when you let yourself drift on the river, so much so we forgot to stop for lunch. We pull up on a small island and quickly make a fire where we gather to eat sandwiches and drink coffee. As we warm up around the flames, we chat about our respective lifestyles and connection to nature. Nicolas, a war veteran, tells us how the outdoors eased his transition between his past and present life. There’s no doubt that the two men have a very strong bond to nature and an insatiable thirst for freedom.

Upon our return at the house, we learn that Chiyuki has prepared sushi. Lucky us! This is probably the only place in Gaspésie where you get an authentic Japanese meal. We’re sad to say goodbye, just a few hours later, but we have no choice, Nova Scotia awaits!


We are still at the start of our trip, but our 4 days feel more like 30. It’s as though finding ourselves in nature with people that love it as much as us accelerates the bonding process. We leave Gaspésie with a feeling of having met important figures of our journey.

Domo arigato gozaimasu! (Thank you in Japanese)


Written by: Catherine Bernier
Photos by: Catherine Bernier, Eliane Cadieux
Aboard: Jean-Daniel Petit (founder), Eliane Cadieux (art director & graphic designer), Julien Robert (director), Catherine Bernier (writer, photographer) and Elise Legault (producer).
#LiveBeyondtheBend

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