BESIDE the road # 4 : Abitibi-Témiscamingue

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Beside the road #4 : L’Abitibi-Témiscamingue

4530e km

Dire que nous étions en Nouvelle-Écosse la veille avec Dean Petty (Journey 3) et que ce matin, nous repartons vers l’Abitibi, nous apparaît un peu loufoque à première vue. Toutefois, avec un peu de recul, on se dit : la volonté n’a jamais tué personne, tout est dans le “comment” la déployer. Si nous arrivons à porter notre message à travers le Canada d’Est en Ouest, aux bonnes personnes, ce sera mission accomplie.


Jour 8 : De la mer à la forêt boréale

7:30 am, le trafic de Montréal est pitoyable ce matin, mais notre nuit de sommeil en terre ferme nous renvoie la bonne humeur. Nous avons tous bien hâte de visiter la belle Abitibi-Témiscamingue où Jean-Daniel a grandi. Pour la majorité, c’est une première. Bon, on peut comprendre que Maxime, notre coordonnateur aux communications et à la distribution, originaire de la France, n’ait jamais mis les pieds en Abitibi, mais le reste d’entre nous, c’est plutôt discutable. J’ai l’impression qu’on visite le bout du monde avant même d’avoir exploré notre coin de pays. Faute est de constater que le territoire canadien est plutôt vaste. Toutefois, il ne prend qu’une visite pour tomber sous le charme de ces régions plus éloignées, surtout lorsque nous avons la chance de la découvrir à travers les gens de la place.

Dès la première station d’essence de la région, on est sous le charme :

“ — Le pompiste :  Ordinaire ou suprême?
J-D : de l’ordinaire SVP

Le pompiste : de l’ordinaire pour un gars super?!
J-D : héhé.

Le pompiste : vous allez où comme ça?
J-D : on traverse le Canada et une partie des États-Unis. Notre destination finale est Vancouver.

Le pompiste : hey la la, vous ne serez pas là pour souper!”

En traversant le parc de La Vérendrye, on découvre quelques-uns des 22 000 lacs de l’Abitibi-Témiscamingue. Plus on avance vers le Nord, plus la forêt s’uniformise sous nos yeux, pour ne laisser que les grands et forts conifères. Un panorama qui ne laisse personne indifférent.

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Lancement à Rouyn-Noranda chez Belisle Sport

8h de route plus tard, nous sommes prêts à rencontrer la communauté de Rouyn-Noranda, patelin de Jean-Daniel. Chez Belisle Sport, c’est plus d’une soixantaine de personnes qui nous attendent à bras ouverts. J-D retrouve son ami d’enfance et partenaire d’affaires, Guillaume Leblanc, directeur général d’Abitibi & Co. On constate un réel sentiment d’appartenance des invités pour B-SIDE, et d’autant plus d’admiration pour l’ambition du mouvement que Guillaume et Jean-Daniel, “des petits gars du coin”, ont su créer. Leurs forces s’allient pour rendre hommage à la belle Abitibi-Témiscamingue qui n’a certainement pas qu’un potentiel minier à offrir, mais bien des cours d’eau et acres de terrain à couvrir et découvrir. La ville s’émancipe petit à petit, notamment sur le plan culturel, pour dépasser l’idée que d’y vivre est “ temporaire”, un réflexe développé par le contexte précaire d’ouverture et de fermeture des mines. Notamment, le FME (Festival de musique émergente), le Festival des guitares du monde et le Festival du cinéma colorent fièrement la région. Cette émergence d’initiatives culturelles combinée à l’accessibilité à la nature, font en sorte que plusieurs reviennent en région pour bénéficier de la qualité de vie et pour développer leurs idées entrepreneuriales. Contrairement aux grandes villes, ici, le terreau est encore fertile.

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Jour 9 : Refuge Pageau et Chenil d’Aiguebelle

Reposés grâce aux lits douillets et douches offerts par Jeannot et Christianne, le père de J-D et sa conjointe (un gros merci!), l’équipe se divise pour rencontrer d’une part, les successeurs du Refuge Pageau et d’autre part : Carl Routhier et Élyse Lessard du Chenil d’Aiguebelle. Séparation difficile, on voudrait tous les rencontrer.

Maxime, J-D et moi se dirigeons au chenil. À l’arrivée, Carl, Élyse, leurs deux enfants et leurs 60 chiens nous attendent, sans compter les chiens visiteurs. C’est ce qu’on appelle une grande famille. Le couple a développé une offre de pension canine et de randonnée de traîneau sur plus de 50 km de sentiers, qui aujourd’hui, leur permet de vivre de leur amour inconditionnel pour les chiens.

Un chien c’est vrai, ça ne ment pas, c’est pur. C’est ce qui m’a interpellé à cohabiter avec eux et à mieux les comprendre. Ici, on n’humanise pas les chiens, on les observe et on cerne leur nature, pour mieux trouver la place qui leur convient dans la dynamique de groupe. Carl Routhier

L’énergie qui règne ici est vive et particulièrement stimulante. J-D, Maxime et moi faisons l’expérience d’une sortie quotidienne d’entraînement en forêt. Dès que Carl touche au premier harnais, les chiens gagnent en excitation. Soixante chiens qui jappent et bondissent dans tous les sens par hâte d’être attelés ensemble, je vous jure que ça vous fait vibrer jusqu’aux os! C’est à ce moment qu’on comprend comment Carl et Élyse arrivent à déployer autant de temps, d’amour et d’énergie pour leurs chiens. La complicité qu’ils acquièrent avec eux est sans égale et équivaut tous les voyages qu’ils ont déjà tant souhaités. Auparavant grands voyageurs, ils se considèrent aujourd’hui, plus heureux que jamais, ici en Abitibi-Témiscamingue.

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Au retour à la maison familiale de J-D, le reste de l’équipe nous rejoint. Ils sont tout aussi éblouis que nous. Passer du temps à fraterniser avec une bande de loups, nourrir des orignaux et soigner un oiseau de proie est sans contredit, une expérience mémorable, mais la mission du Refuge Pageau dépasse largement ce genre d’expérience. Au-delà du sentiment de proximité que l’on peut ressentir avec les animaux sauvages, leur réhabilitation et leur remise en liberté forment un enjeu d’autant plus important. Ce n’est que lorsque la libération est impossible, que le refuge offre à ces animaux, un abri à long terme.

Le refuge est tout sauf un zoo. L’idée première est de réhabiliter les animaux et ensuite, d’éduquer les gens au sujet de la faune. — Félix Offroy

Félix est le gendre de Michel Pageau. Il a travaillé depuis plus de 20 ans avec l’homme qui parlait aux loups. Il a en quelque sorte repris la responsabilité du refuge et perduré l’honorable mission de M. Pageau. Il a également mis sur pied un projet de réinsertion sociale. Le refuge offre maintenant l’opportunité à certaines personnes de se réhabiliter, eux aussi, à l’aide d’un cadre de travail en contact avec la nature. Un échange des plus intéressants, qui permet à ces personnes de vivre de petites réussites grâce aux responsabilités qu’ils leurs sont attitrées auprès des animaux.

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Au moment où Elise et Julien quittaient le refuge, ils ont assisté au sauvetage d’un Grand-duc. Le hibou a été retrouvé blessé, tellement faible qu’il ne pouvait plus bouger. Le soigneur, surnommé le “king” a pris en charge les premiers soins, avant de l’amener à la clinique vétérinaire : “habituellement, je n’aurais pas pu prendre un Grand-duc comme ça, ses griffes m’auraient transpercé le bras. Il est vraiment mal au point pour se laisser faire comme ça.”

Ce genre de sauvetage est courant au refuge et démontre l’importance d’une telle organisation dans la région.

Soit dit en passant, nous avons eu des nouvelles quelques jours après le sauvetage et le Grand Duc se porte bien, il a repris du poil de la bête! Le refuge nous a offert de lui trouver un nom. Alors, nous avons choisi : “El patron”, dû à son imposant regard, presque humain.


L’Abitibi-Témiscamingue n’a peut-être pas les plus impressionnantes montagnes, ni la plus grande diversité d’arbres, mais elle a un je ne sais quoi de mystérieux avec sa nature sauvage, celle qui a permis à Carl, Élyse et à l’équipe du Refuge Pageau, de donner sens à leur vocation avec les animaux. Un contact privilégié qu’ils ont su bâtir avec plusieurs années d’écoute et d’apprivoisement de la sagesse boréale.

Prochaine destination : Les Prairies Canadiennes.


Procurez-vous notre première édition et portez attention à notre article p.33 : Monsieur Pageau, un portrait de l’homme dévoué à protéger et rescaper les animaux sauvages de sa région.


Écrit par : Catherine Bernier
Crédits photo : Catherine Bernier, Elise Legault, Julien Robert
À bord: Jean-Daniel Petit (fondateur), Julien Robert (réalisateur), Catherine Bernier (rédactrice, photographe) et Elise Legault (productrice), Maxime Beauffeny.
#Lanaturerécompenselesbraves

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Beside the road #4 : L’Abitibi-Témiscamingue

4530th km

We were on the Nova Scotian coast just yesterday with Dean Petty (Journey 3) and this morning we’re going to the woods of Abitibi, North of Quebec. With the distance separating both locations (not to mention the clash in landscapes as well), our endeavour seems a little crazy, but we’re up for it. If we aim to spread our mission across Canada, from East to West, we’re going to have to get used to the long drives!


Day 8: From Sea to Forest

7:30 AM, Montreal traffic has no mercy this morning, but thanks to our good night’s sleep on solid ground, there’s no way this will kill our spirit. We’re all looking forward to seeing Abitibi-Témiscamingue, where Jean-Daniel grew up. For most of us, it will be our first time. This is rather understandable for Maxime, our French colleague who’s been in the country for a few months, but for the rest of us, born and bred Quebecois, we’re seriously questioning why we’ve never been. It’s almost as though we go out and explore the world before we have a look in our own backyard. OK, Canada is huge & extremely vast, but you don’t have to go very far to fall under its charm, especially when you discover it through the eyes of locals.

Entering the region, we stop at a gas station to fill up:

“ — Man at the pump: Regular or Supreme?

JD: Regular please

Man: Regular gas for a supreme guy!?

JD: haha

Man: Where are you guys headed?

JD: We’re going across Canada & the US. Our final destination is Vancouver.

Man: Oh boy, you won’t be there in time for dinner!”

Driving through the La Verendrye Park, we discover that there are about 22,000 lakes in Abitibi-Témiscamingue. The further we go North, the more we’re being engulfed by the forest. A panoramic view that definitely doesn’t leave anyone indifferent.

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Launch Party in Rouyn-Noranda at Belisle Sport

8 hours later, we’re ready to meet the community of Rouyn-Noranda, Jean-Daniel’s home turf. At Belisle Sports, more than 60 people welcome us with open arms. Guillaume Leblanc, Abitibi & co’s general director and J-D’s childhood friend and business partner, greets us warmly. There’s a real sense of belonging floating in the air, not only are people here to support the magazine, they came to show their love for the movement Guillaume & Jean-Daniel, two “local kids”, are fuelling. Together, they are shining a massive light on this beautiful region, more commonly known for its mining potential than its myriad of water ways and acres of forest. Combine those efforts with the cultural effervescence of the area (think FME, the Festival des guitares du monde and the Festival du cinéma) and you have the right ingredients to create a real buzz. There is huge potential in Rouyn-Noranda, more people are choosing it as a place to settle in and develop their entrepreneurial ideas. Contrary to saturated cities, here, everything is still extremely fertile.  

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Day 9: Refuge Pageau and the Aiguebelle Kennel

After a good night’s sleep at JD’s childhood home, the team splits up to cover more ground. Maxime, J-D and myself go meet Carl Routhier & Élyse Lessard at the Aiguebelle Kennel whereas Elise & Julien make their way to Amos to meet the team at the wildlife sanctuary Refuge Pageau. It’s a tough split, we’d like to meet everyone, but time is of the essence when you’re on the road!

At the kennel, Carl, Élyse, their two kids and their 60 dogs are waiting for us. This definitely isn’t a small family. The couple’s unconditional love for dogs brought them to develop a canine pension program & a sleigh-ride trail that stretches over 50 kilometres.

Dogs are real, they don’t lie, they’re pure. That’s what drew me to understand them better & share my life with them. Here, we don’t humanize dogs, we study them to size their natural behaviours and establish a balanced group dynamic. Carl Routhier

The kennel’s energy is particularly vibrant & stimulating. J-D, Maxime and I observe as the dogs go through one of their regular training sessions in the forest. As soon as Carl grabs one of the harnesses,’ the dogs go wild. Just imagine 60 dogs barking & bouncing around in every direction out of sheer excitement to go exercise. At this very moment, we come to understand why Carl & Élyse would dedicate their lives to these dogs. The bond they’ve developed with their dogs is beyond compare and, to them, worth any sacrifice. Having travelled the world for years in a past life, they consider themselves as happy as ever, right here in Abitibi-Témiscamingue.

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The entire team meets back at Jeannot’s (J-D’s dad) house at the end of the day. Elise & Julien are just as elated as us. Fraternizing with a pack of wolves, feeding moose and taking care of prey birds is without a doubt memorable, but the Refuge Pageau’s mission goes way beyond these types of experiences.

The refuge is everything but a zoo. We first aim to rehabilitate animals and then we educate visitors. —Félix Offroy

Félix is Michel Pageau’s son-in-law. He worked for over 20 years with the man who spoke with wolves. He’s now carrying on Monsieur Pageau’s mission and is making sure that everything runs smoothly. He also initiated the Refuge’s reinsertion program which offers on-premises work opportunities for people in need of experience and structure. An interesting exchange which gives these individuals a sense of achievement and a privileged contact with nature.

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To top their day off, Elise & Julien witnessed the rescue of a Great Horned Owl, right before they were about to take off. The owl was found injured, it was so weak, it could barely move. The healer, nicknamed the “King”, administered first aid before taking the bird to the clinic.

—Normally, I wouldn’t have been able to hold a Great Horned Owl, its grip is too strong, he would have mangled my arm.

This type of rescue is a common practice at the Refuge and truly demonstrates the importance of the organization in the region.

Since our encounter, we’ve gotten news that the Great Horned Owl is doing well! We were even invited to name him, which we did with much delight! We settled on “El patrón” due to his impressive, almost human-like stare.


Abitibi-Témiscamingue may not have the most imposing mountains or the greatest diversity in trees, but its wild side has an intriguing “je ne sais quoi”. One that has inspired people like Carl, Élyse and the team at the Refuge Pageau to give purpose to their lives.

Next destination: The Canadian Prairies


Purchase our first edition and make your way to p. 33 to read: Monsieur Pageau, encounter with a legend on his home turf, a sanctuary for wild animals.


Written by: Catherine Bernier
Translated by: Elise Legault
Edited by: Catherine Métayer
Photos: Catherine Bernier, Elise Legault, Maxime Beauffeny
Aboard: Jean-Daniel Petit (founder), Julien Robert (director), Catherine Bernier (content creator) and Elise Legault (producer).
#LiveBeyondtheBend

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