BESIDE – the road #6 : l’Alberta

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Des prairies (Journey #5), on prend la route vers les montagnes. Sous l’épais couvert de la nuit, les reliefs se font discrets. Arrivés à Waterton Lakes National Park, des cerfs nous accueillent à l’entrée du parc.  

Animés par la fraîcheur des montagnes, qu’on ne perçoit pas encore, mais qui habitent notre imaginaire, on sort les chaises de camping et on se fait un feu dans le vieux “rim de char”donné par Allen en Nouvelle-Écosse (Journey #3), avant de passer au lit.


Jour 16 : Dans la cour du photographe Jeffrey Spackman

5:11am, avant même que notre douce sonnerie ne nous dégourdisse, l’alarme de feu se met à sonner, indiquant que le niveau de Co2 est trop élevé. On dégage réellement autant de chaleur?! J’en doute. Rien à faire pour l’arrêter, J-D débranche le fil, dans un esprit de mission impossible, tel que marmonné par Julien. Dur réveil pour tous. Julien concocte ses fameux sandwichs déjeuner, alors qu’Elise prépare du café. Malgré tout, on réussit à se créer un matin agréable.

Comme des gamins, on s’empresse à s’emmitoufler de la tête aux pieds. Dehors, le crépuscule commence à dévoiler ses impressionnants monts enneigés. Jeff Spackman et ses amis retentissent en jeep de style Cherokee des années 90, prêts à nous guider vers l’une des nombreuses ascensions du parc. Enfant, Jeff a passé la plupart de ses étés au chalet familial dans le village de Waterton, au pied des montagnes. Il a exploré bon nombre de sentiers environnants, bien avant de mettre les mains sur un appareil photo.

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Aujourd’hui, nous accèderons au Bear’s Hump, une montée plutôt courte et laborieuse, mais paraîtrait-il gratifiante. Jeff et ses amis entament le sentier d’un bon pas. Clairement, ils pourraient le faire les yeux fermés. J-D les suit, tout en discutant sans peine. Pour le reste de l’équipe, malgré nos formes physiques plutôt bonnes, nos «patates pompent» à souhait. Qui dit nomade sur la route dit sédentaire dans son véhicule… Avec ou sans orgueil, cela réveille un désir de muscler notre cœur davantage!

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Arrivés au sommet, la nature récompense notre réveil à l’aube, dévoilant un filet rose-orangé derrière ses imposantes façades enneigées. Difficile d’oublier son taquin vent du nord qui nous rappelle notre haute altitude. En essayant quelques clichés, nos visages et nos doigts se crispent rapidement; conditions que nous oublions lorsqu’on regarde une jolie photographie de Spackman, confortablement assis dans son salon.

Jeff n’est pas du genre à s’arrêter à un endroit pour prendre un cliché et repartir. La montagne est un lieu complexe où les apprentissages en nature se dévoilent à l’infini. La photographie n’est qu’un prétexte pour s’imbiber d’elle, la regarder sous un autre angle.

À chaque fois que je vois une roche, aussi minime soit-elle, je pense à la grandiosité et la complexité de chaque élément qui la façonne. Jeffrey Spackman

Du palier naturel, créé par un segment de roches plates, on aperçoit la vallée de Waterton, ses lacs luminescents et le mont Cleveland, le plus grand sommet du Parc international de la paix Waterton-Glacier.

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En 1932, le parc national des Lacs-Waterton (Alberta, Canada) et le Glacier National Park (Montana, États-Unis) ont été réunis pour former le premier «parc international de la paix» du monde. Situé de part et d’autre de la frontière entre les deux pays.

À notre gauche, on admire le relief horizontal des prairies s’élever drastiquement à la verticale pour former l’imposante morphologie de Waterton, donnant raison à sa description courante : «là où les montagnes rencontre les prairies».

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Une grande diversité d’espèces occupe le relief topographique de la région. Le corridor plutôt restreint, surnommé également «Couronne du continent», sert d’habitat à plus de 60 espèces de mammifères, 250 espèces d’oiseaux, 24 espèces de poissons et 10 espèces de reptiles et d’amphibiens. Parmi les gros prédateurs, on compte le loup, le coyote, le couguar, le grizzli et l’ours noir. Sur le chemin du retour, on croise plusieurs familles de mouflons canadiens qui semblent avoir l’habitude des visiteurs. Est-ce une bonne chose? Jeff a un avis mitigé à cet égard. À ses yeux, les visiteurs doivent être conscients de leur impact sur la flore et la faune. Malheureusement, le constat actuel est tout autre. L’humain laisse une grande trace sur la nature sauvage.

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Jeff nous invite au chalet familial des Spackmans, barricadé pour l’hiver, notamment considérant les risques d’avalanches. Le chalet semble avoir figé dans le temps. On se projette facilement dans les souvenirs d’enfance racontés par Jeff.

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Définitivement, Jeffrey Spackman redéfinit l’idée que l’on peut se faire de certains photographes populaires sur instagram avec leurs photos «parfaites» en nature. Il entretient un lien émotif avec son sujet, et une curiosité à le connaître en profondeur. La photographie n’est qu’une fenêtre pour inviter les gens à mieux comprendre et apprécier le fragile écosystème de Waterton.

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Au chemin du retour, on s’arrête près du Prince Of Wales Hotel, ce grand hôtel aux allures de château, afin de bénéficier de son point de vue panoramique sur la vallée. On essaie de sortir du VR, mais il vente à un point tel qu’on a de la misère à ouvrir la porte, voire même à pousser nos expirations jusqu’au bout. Une sensation digne d’une descente en parachute, mais au sol.

La vue est incroyable. On devient un peu fous, de vrais enfants, on court partout, on se laisse pousser par le vent, on lance quelques roches, on se demande même si elles ne vont pas nous revenir en plein visage!

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Au coucher du soleil, on regagne la route. On prend la décision à contrecœur de ne pas se rendre à Yellowstone, par manque de temps, mais également pour arriver à contempler ce qui s’en vient en Oregon, en passant par le Montana et l’Idaho. Ce soir, nous traversons les douanes!

«Le douanier : vous devez faire demi-tour, les douanes sont fermées, passez par Fernie, en CB.»

On rebrousse donc chemin, 2h vers le nord. Comme tous les soirs, ou presque, Elise identifie les espaces verts sur une carte et on choisit celui qui nous semble le plus à l’écart de la ville, en nature, pour y passer la nuit. Parfois on tombe sur de magnifiques parcs et d’autres fois, on se contente d’un espace vert de banlieue. Ce soir, nous avons de la chance, on dort au camping du Parc provincial du Mont Fernie.


Jour 17 : premier vrai dimanche au rythme des campeurs

Au réveil, on profite de notre nouvelle dimension espace-temps pour déjeuner ensemble autour du feu. On mange plus qu’il en faut, on se permet même un dessert : des pitas au chocolat et à la noix de coco sur le feu, création du moment avec nos réserves Prana.

Avant de quitter, on nettoie l’espace, libérant le parc de nos déchets et malheureusement, ceux des campeurs précédents.


Près des lignes frontalières, J-D aperçoit une rivière avec un pêcheur au loin qui fait danser sa ligne sous le regard des immenses sommets blancs. On se permet d’arrêter, étant donné qu’on a fait le choix de se laisser guider par l’imprévu. J-D enfile ses bottes-pantalons de pêche.

On reprend la route, sans poisson pour souper, mais le simple contact avec la rivière nous renvoie un deuxième souffle. Tellement qu’on s’empresse de faire le ménage du VR au son d’un album de funky swing. Raymonde, alias notre VR, est prête pour les douanes américaines!

Prochaine destination : le Montana et l’Idaho

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Écrit par : Catherine Bernier
Crédits photo : Catherine Bernier, Julien Robert
À bord: Jean-Daniel Petit (fondateur), Julien Robert (réalisateur), Catherine Bernier (rédactrice, photographe), Elise Legault (productrice) et Chanelle Riopel.
#Lanaturerécompenselesbraves

BESIDE— the road #6: Alberta

From the Prairies (Journey #5), we head to the mountains under cover of night. A quite impressive horde of stags greets us at Waterton Lakes National Park.

Indiscernible at this time, we have but our imagination to visualize the mountain scape that surrounds us. We make a fire and take out our camping chairs before retiring, excited with the day to come. Tomorrow, we will be discovering the park through the eyes and lens of photographer Jeffrey Spackman.


Day 16: Spackman’s Backyard

5:11 AM, our Co2 alarm goes off again, a whole 45 minutes before our actual wake-up call. The Co2 level is too high. Do we really emit that much heat? Nothing seems to stop it, so J-D unplugs the wire. Traumatic awakening. Julien cooks up some breakfast sandwiches as Elise prepares coffee. Despite the chaos, we have quite a pleasant morning.

We bundle up in our warmest clothes from head to toe, a lot like when we were kids. Outside, dusk is slowly revealing the mountain’s snowy peaks. Jeff Spackman and his friends pull up in a 90’s Jeep Cherokee ready to lead our hike. As a child, Jeff would spend most of his summers at the family cabin in the village of Waterton, which stands at the feet of the mountains. Before taking up photography, he had wandered these trails and had experienced most of Waterton’s nature.

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“I know that people might really love the photo but for me it means so much more. I feel like I almost have a unique relationship with each mountain. I can tell you when I climbed them and who I was with.”

Today, we’re conquering Bear’s Hump, a short yet laborious ascent. The view at the top is apparently worth the sweat. Jeff and his friends set the tempo with swiftness. Clearly, they’d be able to do this hike with their eyes closed. J-D follows suit, discussing with ease. It’s another story for the rest of us. We’re in good shape, but our hearts are pounding. The fact of the matter is, nomadic #vanlife comes with a lot of sitting in the said van. Our egos slightly bruised, we’re determined to whip ourselves back into shape!

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We reach the summit for daybreak, a thread of pink-orange light emerges from behind the majestic snow-covered façades. The decor is enchanting, but the fierce winds remind us not to get too lost in thought considering our high altitude. We struggle to shoot some footage, our fingers and faces quickly succumbing to the cold. These are the type of conditions Jeff works with to capture his beautiful photographs, a fact most people fail to acknowledge.

“_[It takes] a long period of time to see it all and to understand what’s happening with this light or this bird flying or whatever it is.” — Jeffrey Spackman

Jeff is not the type to snap a picture and leave. Mountains are complex and bearers of infinite knowledge. Photography is somewhat of a pretext to dive deeper into nature and observe it through different angles:

“Every time I see a rock, as small as it may be, I think of the grandiosity and complexity of all the elements that compose it.”

From our lookout, we see Waterton Valley, its luminescent lakes and Mount Cleveland, the highest peak within the Waterton-Glacier International Peace Park.

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In 1932, the National Park of Waterton Lakes (Alberta, Canada) and Glacier National Park (Montana, USA) were united to form the world’s first “International Peace Park”.

The region’s landscape is simply stunning. The Prairies iconic fields merge with Waterton’s surprising morphology. The area bears its tagline well “Where the Mountains Meet the Prairies”.

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The region’s topographic relief unveils an impressive diversity of fauna. Nicknamed the “Crown of the Continent”, one of the narrowest places in the Rocky Mountains, the area is home to more than 60 species of mammals, 250 species of birds, 24 species of fish and 10 species of reptiles and amphibians. Wolves, coyotes, cougars, grizzlies and black bears are amongst the most notorious predators. We cross paths with a herd of sheep who seems accustomed to human presence. Is that a good thing? Jeff’s opinion is mixed on the topic. For him, visitors need to be conscious of their impact on the fauna and flora. Unfortunately, all too often this isn’t the case. Humans leave their trace in the wild.

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Jeff invites us to the Spackman family cabin, condemned for the winter due to avalanche hazards. The cabin seems frozen in time. Jeff’s childhood memories took place right here and we have no trouble imagining these moments, right down to the smell of pancakes he would enjoy with his family.

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Jeff definitely redefines the preconception we may have of what an Insta-famous photographer can be with their “perfect” nature shots. The relationship he has with his subject matter is emotional; he aims to know it in depth. Photography is but a window to invite people to better comprehend and appreciate Waterton’s delicate ecosystem.

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“Of all the places I’ve been, if I had to choose one place to continue to go to, it would always be Waterton.” — Jeffrey Spackman

On our way back, we stop at the Prince of Wales Hotel, a majestic castle-like hotel, to enjoy its unique viewpoint of the valley. We try to exit the RV, but the wind is so strong we struggle to open the door, even breathing out completely is challenging. It’s a similar feeling to sky diving, with both feet anchored to the ground.

The view is incredible. Our adrenaline kicks in and we become a little crazy. We run everywhere, we let the wind push us, we throw a few rocks (with fear of them boomeranging back into our faces!).

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At sundown, we hit the road. After much debate and hesitation, we decide to skip Yellowstone in favour of crossing Montana & Idaho to make our way to Oregon. Tonight, we’re crossing the border!

“The customs officer: you gotta turn around, the border is closed, you have to pass by Fernie in BC.”

We backtrack 2 hours North. Like every night, or almost, Elise identifies the green areas on a map and we choose the one that seems furthest from the city and close to nature to spend the night. We sometimes strike gold and end up in a beautiful park, other times, it’s an underwhelming suburban plot of grass. Tonight, we’re lucky, we’re sleeping at Mont Fernie Provincial Park’s campsite.


Day 17: Lazy Sunday

Once everyone is awake, we enjoy a cozy breakfast altogether around a fire. We’re eating later than usual and we even offer ourselves the luxury of a dessert: pita bread with chocolate and coconut flakes, a spur of the moment invention inspired by our Prana nuts.

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Before leaving, we clean up the area. Discarding our trash and unfortunately some of the left over by the previous campers.


Nearing the border, J-D catches sight of a fisherman in the river. With the imposing white mountains as a backdrop, we observe as he casts his line with elegance. We pull over, after all spontaneous & unexpected detours are part of our thrill. J-D slips into his fishing waders.

He doesn’t catch anything, but the simple contact with the river gives us a second wind. We are actually so pumped we decide to do an express cleaning of the RV all while listening to funky swing. Raymonde, our RV, is ready for customs!

Next stop: Montana & Idaho

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Written by: Catherine Bernier
Translated by: Elise Legault
Crédits photo : Catherine Bernier, Julien Robert
Aboard: Jean-Daniel Petit (founder), Julien Robert (director), Catherine Bernier (content creator), Elise Legault (producer) and Chanelle Riopel
#LiveBeyondtheBend
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