BESIDE – the road #7 : Montana & Idaho

Jour 17 : Bienvenue au Montana !

Aux douanes américaines, on s’attend à une fouille du VR. Ça tombe bien, on l’a mis propre pour l’occasion en Alberta (Journey #6)!

« —  Douanier : avez-vous des légumes ?

Nous : oui, des tomates, asperges, limes, un avocat et un piment.

Douanier : oooo pas de tomates, limes et avocat, mais le reste ça va !

Julien : voulez-vous faire un guacamole Monsieur ?

Le douanier : héhé. »  

Le douanier nous laisse filer ; tomates, limes et avocat en otage.

On embrasse les larges vallées du Montana, dominées par les Rocheuses et ses vastes plaines. Le Montana est l’un des États ayant la plus faible densité de population avec l’Alaska, laissant déborder sa nature sauvage dans les villes.

En route, on trouve facilement un endroit pour vider nos eaux grises et noires, un point de plus pour le Montana, car ce n’est pas toujours à portée de main, surtout en novembre. Pendant ce temps, Chanelle, Elise et moi faisons l’épicerie. Trois filles ensemble, ça donne un panier d’épicerie assez vert ! Parlant d’épicerie, l’économie du Montana repose en partie sur l’agriculture céréalière, notamment promue aux pâturages des bovins. Ce constat nous ouvre à quelques réflexions qui dépassent largement l’état du Montana :

— Quels sont les impacts réels d’une telle monoculture pour l’environnement ?

— La monoculture serait-elle la cause des maladies chez les animaux d’élevage, eux aussi élevés en masse ?

— Qu’aurait-il à la place de ses vastes champs cultivés si la nature sauvage avait été laissée à son aise ?

— Qu’arriverait-il à ces terres agricoles si elles étaient vendues ? Des condos, de super centres commerciaux ?

On se relance, dans notre salon roulant, autour d’alternatives potentielles. La permaculture ? L’achat local ? La microagriculture ? De la viande bio seulement ? Le végétarisme ?… Bref, chaque matin entre deux cafés, on refait le monde avant de reprendre la route.

p.s on est tellement montréalais, qu’on traine nos bagels St-Viateur jusqu’aux É.U!


Arrivé au Whitefish Montana Camping, référé par notre ami Alex Strohl, on s’installe pour la nuit. Une autre belle surprise pour demain.


Jour 18 : SUP sur le Lac Whitefish

Au réveil, plutôt frisquet sous le son du train, qui a d’ailleurs passé une fois toutes les heures durant la nuit, on prend connaissance des lieux. Les montagnes reflètent sur le lac, alors que le soleil brille à son tour sur les sommets enneigés.

Lève-tôt, Elise revient de sa marche matinale. J-D et moi gonflons le stand-up paddle, avec impatience de se mettre à l’eau. J-D part le premier, pendant ce temps j’enfile mon wetsuit de peine et de misère (toujours un combat).

À cinq dans un VR, chacun à son moyen de s’évader et de refaire le plein seul. Au milieu du lac, je laisse les montagnes m’habiter. J’en profite pour me coucher sur la planche et me laisser dériver.

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En ville à Whitefish, J-D, Chanelle et Elise cognent aux portes de boutiques spécialisées, notamment en plein air, pour distribuer des magazines. Julien et moi travaillons dans un café aux allures de chalet d’après-ski.

Prêt à traverser le Montana vers l’Idaho, on s’arrête au plus gros magasin de souvenirs jamais vu auparavant. Un vrai musée de « cossins » du genre ; des sandales en gazon synthétique, euh ?!, une tête d’orignal qui parle, un aquarium géant avec des truites, des pyjamas caleçons aux couleurs du Montana, de nombreux fusils en plastique… On passe presque une heure à se divertir dans cet utopique univers cliché. Un contraste certes, avec la quiétude du lac Whitefish.


Jour 19 : De l’Idaho à l’Oregon

En traversant l’Idaho, on tente de se trouver un endroit pour dormir. Comme à nos habitudes, on choisit un espace selon les zones vertes indiquées sur une carte. On trouve un parc pas très loin de la ville. Arrivés à destination, l’entièreté de l’espace est recouverte d’un jardin de lumières de Noël. Si vous saviez comme c’est illuminé, impossible d’y passer la nuit ! Finalement, on sort de la ville pour se trouver un parc près d’un lac, en banlieue.

Au réveil, on se compte chanceux de s’être retrouvés ici. L’espace n’est pas si mal et le climat modéré et humide est plutôt agréable ! La brume sur le lac et la densité de la forêt nous laissent un avant-goût de l’Oregon.


On roule toute la journée, sans arrêt, traversant les frontières de l’Oregon. Au coucher du soleil qui s’annonce par ses rayons dorés, on arrête dans une colline, laissant une vue spectaculaire sur le mont Hood (3429 mètres) et le mont Rainier (4 392 mètres), deux stratovolcans. Bières à la main, voilà un 5 à 7 de haut calibre !

Pour la nuit, on s’arrête au Smith Rock State Park, situé dans une région semi-désertique du centre de l’Oregon. Il parait que le parc est un paradis pour les amateurs d’escalade avec ses milliers d’itinéraires boulonnés. Pour l’instant, on se contente du panorama d’étoiles qui se dessine sous nos yeux. Julien et J-D en profitent pour préparer la plus grande carte de fête qu’Eliane, notre designer graphique, n’aura jamais reçue, à l’aide de la technique du light painting.

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En courant partout dans la noirceur, on ne réalise pas qu’on était si près de la falaise. Ce n’est que le lendemain matin qu’on le découvre…

Demain : ascension dans le Canyon du Smith Rock State Park, avant de reprendre la route vers Bend, Portland et Seattle.

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Écrit par : Catherine Bernier
Édité par : Catherine Métayer
Crédits photo : Catherine Bernier, Jean-Daniel Petit
À bord: Jean-Daniel Petit (fondateur), Julien Robert (réalisateur), Catherine Bernier (rédactrice, photographe), Elise Legault (productrice), Chanelle Riopel.
#Lanaturerécompenselesbraves
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