BESIDE – the road #9 : Washington et Colombie-Britannique

Jour 24 : Des forêts humides à la poudreuse de Washington

En l’instant de quelques heures, la mousse verte des forêts de l’Oregon (Journey #8) laisse place aux jolis flocons. Plus on avance vers le nord, plus les routes s’enneigent et les voitures ralentissent. Certains s’arrêtent pour mettre des chaînes sur leurs pneus. On les dépasse, confiants d’avoir connu pire au Québec !

La route est magnifique avec ses sapins et ses sommets enneigés. On prend la première sortie, qui semble mener à un parc. Aujourd’hui, on a décidé qu’on irait jouer dehors ! On s’arrête à l’entrée du Parc national du mont Baker-Snoqualmie. Le mont fait partie du long parcours des crêtes du Pacifique, un sentier de randonnée long de 4 240 km, allant de la frontière mexicaine à celle canadienne. D’ailleurs, c’est le sentier qu’emprunte Reese Witherspoon dans le film Wild !

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En montagne, il y a de quoi rendre fous les amateurs de poudreuse, tellement il y a de la neige. En chemin, on croise quelques heureux marcheurs et skieurs hors piste. Leurs sourires francs et leurs jouent rouges nous donnent l’impression que la magie de l’hiver s’est emparée d’eux. Pareillement pour nous, on devient de vrais enfants : on se pousse dans la neige, on se lance des boules de neige, on fait des 360 °. Avec la tombée de la nuit qui s’amène, on se « tape » un petit jogging jusqu’au VR. Sur le chemin du retour, on s’arrête pour saisir l’ambiance mystique de la forêt sous le regard de la lune. On dirait presque une scène de la télésérie Stranger Things !

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Attendus pour souper à Seattle, chez les parents d’un ami de Catherine M., on revient vers le sud, choyés de cette invitation généreuse. Cathy est une éditrice à la retraite et Joseph, un vidéaste. On échange longuement avec ce couple autour de grandes questions sociétales, artistiques et politiques, autour d’une bonne soupe chaude. On réalise la chance qu’on a d’être reçus de la sorte, par des gens qui ne nous connaissent même pas. Une raison de plus qui nous convainc que l’humain est fondamentalement bon.

Jour 25 : Distribution à Seattle

À nos habitudes, une partie de l’équipe part à la conquête de commerces intéressés à distribuer notre magazine. The Elliott Bay Book Company, Kobo, Filson, Tides & Pines et Read All About It nous prennent des copies !

Seattle a beaucoup à offrir, mais nous devons regagner le Canada dès ce soir pour se diriger à Squamish, où nous passerons la nuit.

Jour 26 : Journée de pêche avec Michael Barrus et Spencer Daniel

Au réveil, c’est une fois de plus une belle surprise qui nous attend. Stationnés au pied de la montagne, on se dégourdit rapidement pour prendre l’air. Aujourd’hui il ne fait pas froid, il fait « frette », mais ce n’est pas la température qui va nous empêcher de pêcher dans une des plus belles rivières de la région, un endroit gardé secret, où Michael et Spencer se perdent pendant des heures pratiquement tous les jours durant la haute saison. Les deux amis ont l’habitude des aventures. En surf comme à la pêche, il leur arrive toujours quelques malchances qu’ils accueillent en rigolant.

« On a même baptisé notre duo Les Fiascoho, en l’honneur du saumon coho, mais surtout pour nos sorties de pêche malchanceuses. Au fond ça nous importe peu, on se fait bien du fun avec ça ! »

Est-ce qu’on sera plus chanceux aujourd’hui dans nos prises ? On n’en sait rien. On partage nous aussi l’idée que le contact à la nature et aux gens qui la respecte a plus de valeur que le nombre de prises rapportées.

« Au-delà de l’action de capturer un saumon, il faut l’étudier, comprendre son environnement, être à l’affût des changements des saisons. Chaque jour, j’apprends. C’est un monde infini de connaissances à acquérir qui me motive à rester curieux intellectuellement, à ne jamais rester confortable. » — Michael Barrus

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Michael accorde une grande importance au fait de sortir de sa zone de confort et de s’abreuver de connaissances pour s’épanouir. Californien d’origine, il a déménagé ici, en Colombie-Britannique, notamment pour sa nature sauvage inexplorée, mais également pour ses études en recherche appliquée sur l’impact de la consommation de drogues sur l’humain. Michael est également photographe à ses heures. C’est d’ailleurs l’une de ses photos que nous avons choisies pour la couverture de notre première édition. Dans ce même numéro, Michael nous partage également l’une de ses aventures de pêche.

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Parlant d’aventure, J-D, Spencer et Michael se lancent à l’eau pour commencer une séance de pêche à la mouche. Le soleil plane sur leurs lignes en mouvement, un panorama qui nous rappelle la chance qu’on a d’être ici. Elise, Eliane et moi en profitons pour marcher le long de la rivière. Une drôle d’odeur se glisse à nos narines. Bien voyons, ça sent le vieux poisson mort ! Comme de fait, en avançant sur la grève, on découvre une centaine de saumons morts dispersés le long de la rivière. N’en connaissant pas l’explication, on se dit d’emblée que ce n’est pas normal, qu’il doit y avoir quelque chose de toxique dans l’eau, une forme de pollution qui les fait mourir. Plus tard, Spencer, J-D, et Michael nous apprennent que c’est tout simplement la fin de leur cycle de vie.

« Le cycle de vie des saumons du Pacifique commence par la ponte de milliers d’œufs dans le fond d’une rivière ou d’un lac. Le mâle et la femelle effectuent un incroyable voyage à contre-courant pour retourner pondre sur le lieu de leur naissance (jusqu’à 2000 kms vers le Yukon !). Lors de cette remontée, ils subissent une transformation physique importante et meurent après leur reproduction. »

Sur le chemin du retour, des aigles à tête blanche passent au-dessus de nos têtes et des cerfs se fondent dans la forêt sous nos yeux. Ces moments de grâce vécus avec Spencer et Michael tissent des liens entre nous. On profite de l’occasion pour souper ensemble, à Vancouver, dans un restaurant de sushis.

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Jour 27 : Vancouver, t’es belle, mais t’annonces la fin

8:00 am, un de nos derniers matins à bord de Raymonde, notre VR. On aurait beaucoup aimé revenir avec elle, d’ouest en est, mais elle est attendue par d’autres campeurs… On réserve donc nos billets d’avion, pour demain. Un peu dernière minute me direz-vous, mais c’est à l’image de notre roadtrip. On ne pouvait rien planifier au-delà de 24h, mais à chaque fois, nos rencontres et allées spontanées ont porté leurs fruits.

La journée file à une vitesse démesurée. Malgré tout, avant notre départ, on réussit à développer des relations intéressantes avec des commerçants interpellés par notre mission : OLD FAITHFUL, Neighbourhood Quality Goods, Much and Little, Vancouver Special, Alpine Start, Matchstick (Fraser & Kingsway).

Nous avons le réel sentiment que la communauté B-SIDE s’agrandit autour du désir de renouer avec la nature d’une manière respectueuse de l’environnement. Un message qui dépasse largement les frontières, les générations, et les différents créneaux du plein air.

Outre la distribution, notre but était de créer des rapprochements entre les membres du nouveau mouvement qui se dessine autour du plein air. À petite échelle, il semble que nous avons réussi en mettant de l’avant la curiosité novatrice, l’ingéniosité responsable et les instants de bravoure des gens que nous avons rencontrés au passage. D’autre part, nous nous sommes liés d’amitié avec ceux qui partagent le même schème de valeurs que nous, et qui le mettent en œuvre à leur manière dans leur mode de vie.

C’est autour d’une table à Vancouver, prosecco à la main, qu’on procède au dernier « chin » d’équipe, émus du chapitre de vie que nous avons partagé ensemble.

Demain, le retour au Québec nous attend, mais l’aventure B-SIDE ne fait que continuer.

Écrit par : Catherine Bernier
Édité par : Catherine Métayer
Crédits photo : Catherine Bernier, Eliane Cadieux

À bord : Jean-Daniel Petit (fondateur), Julien Robert (réalisateur), Catherine Bernier (rédactrice, photographe), Elise Legault (productrice), Eliane Cadieux (designer) et Catherine Métayer (Rédactrice en chef).
#Lanaturerécompenselesbraves

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